Les universités du Sénégal en chute libre dans le classement mondial de la recherche

aliou Badara

 

" Le Pr Aliou Badara Kandji, doyen de la faculté des Lettres et Sciences humaines

Les universités publiques sénégalaises sont confrontées à des difficultés persistantes qui les empêchent de se démarquer dans le domaine de la recherche, révélant ainsi des lacunes dans l'allocation des fonds qui leur sont destinés. Cette situation explique en grande partie leur chute dans le classement de Shanghai, référence mondiale en matière d'évaluation des établissements d'enseignement supérieur. Dans le classement de Shanghai 2022, seulement 18 institutions d'enseignement supérieur africaines ont été répertoriées, sans aucune présence notable des universités francophones d'Afrique dans les premiers rangs du palmarès. Même l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD), considérée comme la meilleure université francophone d'Afrique subsaharienne, n'occupe que la 33e place au niveau continental.

Cette performance modeste s'explique principalement par un faible rayonnement de la recherche, qui ne bénéficie pas des ressources financières et humaines nécessaires pour la propulser au sommet du classement. Le Pr Aliou Badara Kandji, doyen de la faculté des Lettres et Sciences humaines, souligne que le financement de la recherche constitue le point faible des institutions d'enseignement et de recherche au Sénégal. "Il est indéniable que le budget alloué à notre établissement d'enseignement supérieur n'est pas suffisant pour soutenir efficacement la recherche. Nous sommes confrontés à des problèmes conjoncturels tels que le manque d'infrastructures et de ressources, ce qui nuit au développement de la recherche dans nos universités", explique le Pr Kandji.

Ces propos ont été tenus hier lors du lancement du programme de recherche en sciences humaines et sociales du laboratoire de géographie humaine de l'UCAD. La situation précaire des universités publiques sénégalaises en matière de recherche souligne donc la nécessité d'une augmentation significative des ressources allouées à ce domaine. Les problèmes liés aux infrastructures et aux ressources humaines doivent être résolus afin de créer un environnement propice à l'épanouissement de la recherche universitaire. Seule une réforme profonde et une attention accrue portée à la recherche pourront permettre aux universités sénégalaises de se hisser parmi les acteurs de premier plan sur la scène mondiale de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Abdoulaye NIANG